Travailler le sujet de réflexion en 3e à partir de la vidéo de Micode « La fabrique à idiots »

Dans la continuité de la séquence « Travailler le sujet de réflexion en 3e à partir du thème des IA génératives » [1], voici une nouvelle séquence, toujours centrée sur le sujet de réflexion, mais cette fois à partir d’une vidéo : « La fabrique à idiots » de Micode.

Encouragée par l’intérêt suscité par cette thématique auprès de mes élèves de 3e l’an dernier, j’ai choisi de renouveler l’expérience en en modifiant toutefois l’angle d’approche.

Je me suis ainsi appuyée sur cette vidéo de Micode, youtubeur connu déjà de certains élèves, pour aborder à la fois le sujet de réflexion et le thème des IA génératives. Micode, de son vrai nom Mickaël de Marliave, est un vidéaste web et vulgarisateur du monde tech dont la chaîne éponyme traite, entre autres, d’actualité informatique et de cybersécurité. On peut également retrouver ses émissions « 3 minutes pour coder » sur Lumni.fr [2].

Le support visuel, plus accessible en apparence qu’un support textuel, et l’inscription du youtubeur dans un univers médiatique proche de celui des élèves m’ont paru constituer deux leviers pertinents pour aborder le sujet de réflexion.

1) Présentation de la séquence

Le travail s’est articulé autour de l’analyse de la vidéo « La fabrique à idiots » de Micode. L’objectif principal était de mettre en évidence le triptyque « thèse-arguments-exemples » mais également la stratégie argumentative, qu’elle soit visuelle ou langagière.

Photogramme extrait de la vidéo de Micode

(cliquer sur l’image ci-dessus pour accéder à la vidéo)

Enfin, la séquence s’est conclue par un travail de rédaction en deux parties faites en classe en utilisant l’IA Ecrivor présentée précédemment [3].

2) Étapes du projet

a) Première étape : horodatage de la vidéo et préparation des documents d’analyse

Afin de rendre exploitable une vidéo Youtube de 38 minutes et de mettre en évidence la stratégie argumentative auprès des élèves, j’ai produit, à l’aide d’une IA, un résumé horodaté, permettant de repérer les différentes séquences à analyser.

À partir de ce travail, j’ai ensuite conçu deux documents à destination des élèves.

Le premier consistait en de courts questionnaires associés aux différentes séquences, lesquelles étaient accessibles via un QR code dédié au visionnage. Ces QR codes ont été générés à l’aide de l’outil Digiview de La Digitale, afin de garantir aux élèves une interface sans distraction ni publicité. [4]
En voici un extrait :

Le second était un tableau de synthèse pour prendre en notes, en classe, les éléments de réponse apportés afin d’être utilisés, ultérieurement, lors de la rédaction du sujet de réflexion.

b) Deuxième étape : l’étude de la vidéo

Comme la vidéo est relativement longue et que l’analyse proposée est exhaustive, cette séquence autour du sujet de réflexion s’est révélée particulièrement chronophage, même si l’étude s’est faite de manière fractionnée, en classe ou à la maison, afin de gagner du temps.

Les questionnaires n’ont pas été systématiquement utilisés, toujours dans une logique d’efficacité : l’analyse des séquences s’est alors faite in medias res, à partir des réactions spontanées des élèves. Cette évolution méthodologique a également permis d’éviter le caractère redondant de l’activité « questions-synthèse ».

D’un point de vue méthodologique, l’analyse de la vidéo a permis de définir, en s’appuyant sur l’image, les principaux concepts de la stratégie argumentative et de clarifier les notions de problématique, de thèse, d’arguments et d’exemples.

Sur le plan argumentatif, la vidéo s’est révélée un support pertinent pour aborder l’argument d’autorité, analyser les effets du storytelling (proche de l’argument d’expérience), distinguer l’exemple illustratif de l’exemple argumentatif ou encore repérer la concession dans l’argumentation.

Elle a également permis de travailler la forme du discours en identifiant les effets des questions rhétoriques, du registre familier, du vocabulaire péjoratif et/ou métaphorique, sans oublier la portée argumentative des images, particulièrement riches de sens ici.

Enfin, cette analyse a mis en évidence la structure très codifiée du sujet de réflexion. À l’aide d’une fiche méthodologique, les élèves ont pu comparer la construction de l’argumentation dans la vidéo et celle attendue dans le sujet de réflexion. À quelques exceptions près, la vidéo respecte la structure du plan dialectique, de l’introduction à la conclusion, en passant par les phrases de transition.

c) Troisième étape : la rédaction

À partir du tableau de synthèse, les élèves ont d’abord été amenés à rédiger au brouillon l’introduction et la thèse du sujet de réflexion suivant :

« De plus en plus d’élèves utilisent l’intelligence artificielle, comme ChatGPT, pour faire leurs devoirs ou apprendre.
Dans la vidéo "La fabrique à idiots", le vidéaste web Micode s’interroge sur les effets de l’IA sur notre manière de réfléchir.
Penses-tu que l’intelligence artificielle empêche les élèves de réfléchir par eux-mêmes ?
Tu rédigeras un texte argumentatif structuré en t’appuyant sur la vidéo et sur tes connaissances personnelles. »

Une deuxième heure a été consacrée à l’amélioration de ce brouillon sur Ecrivor dont les élèves étaient déjà familiers.
Les retours sur cette première partie, non évaluée, ont permis d’améliorer globalement la deuxième partie du devoir (antithèse et conclusion), réalisée selon les mêmes modalités (brouillon puis réécriture à l’aide d’Écrivor), et donnant lieu cette fois à une évaluation.

3) Conclusion

À la différence du premier travail mené à partir de divers documents traitant des IA génératives, cette séquence, qui s’appuie exclusivement sur la vidéo de Micode, n’a pas donné aux élèves l’occasion de rechercher eux-mêmes des arguments ou des exemples : tout était d’emblée fourni par la vidéo.

Malgré cela, ce travail leur a permis de réinvestir l’argumentation de Micode en l’ajustant aux exigences et à la structure du sujet de réflexion.

Cette séquence a donc privilégié la forme sur le fond, un parti pris qui a néanmoins conduit les élèves à s’interroger sur leur propre utilisation de l’IA et à mieux comprendre le fonctionnement du cerveau dans le processus d’apprentissage.

Publié le
par Alexandra Glessmer

Modèle Picrat

Intelligence artificielle

La création de cet article a été en partie aidée par l’utilisation d’une IA.

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)